18 mars 2010
La valse lente des tortues de Katherine Pancol
Jo est de retour...un peu moins gourde, toujours avec un regard gris sur elle malgré son aventure avec le beau Luca...Tiens au fait Luca ou Vittorio?...lequel des frères jumeaux...mystère....et puis un jour, elle est agressée, en pleine nuit...par qui? qui oeut lui en vouloir?....la police mène une enquete qui dure...
Mais que vient donc faire Antoine, le mari englouti par les crocodiles aux yeux jaunes, dans cette nouvelle vie?...comment se fait il que Zoé reçoive des cartes de son papa officiellement décédé? Est ce lui que Jo a aperçu dans le métro?...et le compte des points de sa carte de fidélité au supermarche qui se vide alors qu'elle ne l'a jamais touché et que la seule autre carte, c'est Antoine qui l'avait?
Et Philippe alors? à courir les jupons anglais ou bien à badiner avec Jo?...à découvrir la vie, son fils, à assouvir son amour de l'art...et son attirance pour sa belle soeur?
Et que devient la brillante Iris, instigatrice de ce fameux roman qui a rendu Jo célèbre, et riche...Que fait elle en clinique psychiatrique? Pourquoi vient elle finalement vivre chez sa soeur?...
Et puis tous ces ados qui étaient têtes à claques, sur la mauvaise pente....tous ces enfants qui deviennent studieux, appliqués...ou completement à l'abandon...et ces nouveaux voisins dans le nouvel immeuble...quelles droles de vie ont ils tous! que de secrets, de cachotteries...que de rencontres improbables, de couples qui se font et se defont...que de mystères...des meurtres, des voyous, des attaques, des bastons...et nos heroines qui mènent la danse et les hommes en bateau...
Et ce pauvre Marcel qui se trouve confronté à l'envoutement de sa choupette et à un fils qui est la réincarnation d'Einstein...
Cette fois encore, je balance entre l'écriture agréable du livre et la trame qui ne tient pas la route, trop tiré par les cheveux...A cela rajouté qu'il y a un moment où le style du livre vire au Pennac...en moins bien...ça ne s'improvise pas comme ça du Pennac...
Oh je l'ai lu très vite, parce que j'aime lire, le livre est prenant...mais tout de même...ça restera dans les annales valériennes comme un bon divertissement, pas un livre culte...
05 février 2010
Une Vie française, de Jean-Paul Dubois
C
ette
vie commence, dans le livre, avec la mort du frère, dans l'enfance. Une
appendicite qui tourne mal et c'est toute la vie de la famille qui
tourne court... Puis le héros grandit, est un ado en plein 68, avec les
idées gauchistes qui vont bien, puis il fait comme tout le monde, il se
marie, a des enfants, achète une maison, trompe sa femme... Banal ? Oui, mais sauf que raconté par Jean-Paul Dubois, ça prend une gueule incroyable !!
Et puis après, il y a ce qui sort du banal. D'abord sa femme,
dirigeante d'entreprise carnassière pas du tout gauchiste. Son choix à
lui de rester au foyer pour s'occuper des enfants dans leurs premières
années. Puis un job de photographe d'arbres qui lui tombe sur le coin
du nez et fait sa fortune...
Et encore plus tard, la mort du père, le retour de flamme avec
l'épouse, son décès brutal et mystérieux, la naissance du petit-fils,
la ruine, le vieillissement de la mère, l'éloignement mental de la
fille...
Le tout parsemé de portraits criants de vérité, le copain d'adolescence
lubrique, le dentiste sadique, la première histoire sérieuse, des
notaires chelous en Espagne, les élections, etc. et toutes ces petites
choses qui font un récit crédible, tellement vrai, tellement humain.
Bref : tout une vie !! Française, car évoquée par chapitres titrés du nom des présidents de la Vème République.
On est chez Jean-Paul Dubois, c'est désillusionné, presque cynique parfois, toujours désenchanté, mais jamais désespéré... Le vocabulaire est riche, foisonnant, le plaisir de la langue est contagieux, exubérant, passionné. La structure du récit est criante de vérité, l'écriture est fluide comme une pensée claire, baladée entre souvenirs anciens en digression et récit construit. Le narrateur nous fait complices de ces petites choses anodines qui font la connivence, on lit un voisin, un ami, un gars sympathique et désabusé qu'on a croisé un jour... Un livre vrai et excellentissime !
24 janvier 2010
Le Problème avec Jane, de Catherine Cusset
Le
problème avec Jane, avant tout, c'est qu'elle n'imagine même pas que le
monde tourne autour d'autre chose qu'elle-même, que quelqu'un puisse
faire quelque chose sans que ça soit par rapport à elle, et qu'en
conséquence, elle ne voit pas un seul instant combien elle est
manifestement capricieuse et injuste... Un rien lourdingue.
A part ça, Jane est étudiante, puis enseignante, aux Etats-Unis. La
narratrice nous conte par le menu son intimité, surtout sexuelle,
histoire de tromper l'ennui, sa vie, ses doutes de jeune adulte à qui
tout sourit mais insupportablement pleurnicheuse quand même, la
paaaaauvre ! La structure narrative, en deux parties puisque le livre
commence par le moment où Jane trouve un manuscrit, qui parle d'elle,
et adressé à elle, et que le bouquin raconte en alternance ce manuscrit
et ce qui lui arrive pendant sa lecture, devrait être captivante, mais
je l'ai trouvée poussive, artificielle. Du coup, je ne me suis pas
prise au jeu du "détective", fil rouge du roman, qui consistait à se
demander "mais qui a bien pu écrire ce livre ?". Autant dire que je
n'en avais rien à faire !
Les trois premiers quarts du bouquin sont d'un ennui assez
considérable. La vie de Jane. Le boulot de Jane. Les parties de jambes
en l'air de Jane. Le subliiiiime mari de Jane. La formidââââble et
brillante meilleure amie de Jane. Le calimerotage permanent de Jane.
Cul-cul la praline à fond. On retrouve les mêmes thèmes que dans un
autre livre plus récent de Catherine Cusset que j'avais lu au début du
mois (un brillant Avenir),
parfois même des phrases parfaitement identiques (!), la Roumanie, la
belle-mère vraiment cro-cro-cro méchante, blablabla, même si cette fois
ce ne sont pas les thèmes principaux. Le dernier quart, en revanche,
devient vraiment intéressant : il se passe quelque chose dans la vie de
Jane !!!
Bon, je ne vais pas m'étaler plus. J'ai à la fois aimé et peu aimé ce livre. Aimé puisque je l'ai lu jusqu'au bout, que l'histoire m'a plutôt intéressée même si elle met incroyablement longtemps à démarrer. L'écriture est simple voire simpliste, ça se lit facilement, c'est sans prétention (euh... ouais enfin là, c'est plus discutable que ce soit sans prétention ! c'est pas à la hauteur de ses prétentions disons, mais avec tellement de naïve simplicité que ça passe). La fin (tant les derniers chapitres, où Jane découvre qu'il y a une vie en dehors du petit monde fermé et sclérosant des universitaires, que le dénouement du pseudo-mystère) est vraiment bien et assez surprenante pour presque racheter l'ennui du livre, mais presque seulement parce que tout ça vient un peu tard, et le livre semble tourner autour et n'être construit que pour arriver à cette fin. Genre "tout ça pour ça ?!". Fait exprès, me direz-vous, une pirouette narrative. Peut-être. Et je le penserais certainement si je n'en avait pas lu un autre de la même auteure...
Bref, un bon livre agréable à lire mais qui, comme Un brillant Avenir, manque cruellement de subtilité, à tous les niveaux. Et pour tout dire, ça m'énerve d'avoir apprécié autant un livre aussi tarte !
20 janvier 2010
l'Héritage d'Emilie, 1.le Domaine Hatcliff, de Florence Magnin
Dans l'ensemble, j
e
lis peu d'histoires en BD, je trouve que cela a tendance à brider mon
imagination, je leur préfère généralement les courts récits
humouristiques (Gaston Lagaffe, Léonard, les Bidochon, tous les Gotlib, etc.).
Mais de temps en temps, j'aime bien, quand le dessin me plaît, me
plonger dans un roman "prémâché" où les mots ne font pas tout.
Cette fois, j'ai donc jeté mon dévolu sur cette histoire en 5 volumes (j'ai été raisonnable et n'ai emprunté que le premier, mais j'irai chercher les suivants !), qui se déroule à cheval sur 1801 et 1923, Paris et le Connemara. Plus d'un siècle après la mort d'un lointain parent, Emilie, danseuse nue au Moulin Rouge qui se fait virer sous nos yeux, apprend qu'elle hérite de lui (humhum... elle l'apprend par un faux notaire -ce qu'elle ignore, évidemment-, donc là encore, ça nous réserve certainement quelques surprises...). Elle décide de s'y rendre...
Comme chacun sait, le Connemara n'est pas une terre tendre et sans mystère, sans compter que le surnaturel n'y est jamais bien loin... Les premiers pas d'Emilie là-bas ne sont pas si simples et faciles qu'elle en a l'impression.
A suivre...
19 janvier 2010
Les Accommodements raisonnables, de Jean-Paul Dubois
O
n
entre dans ce roman par une cérémonie de crémation. Elle n'est pas tout
à fait ordinaire, et pas seulement parce que le tapis tombe en panne au
moment de faire avancer le cercueil dans les flammes... Le frère du
défunt, seul héritier, va être transfiguré par ce décès. Par joie, et
non chagrin !
Le fils de ce frère joyeux dans le deuil est un scénariste "french
doctor" vieillissant, nanti d'enfants et de petits-enfants, et d'une
femme gravement dépressive. Il saute donc sur l'occasion qui se
présente d'aller passer un an à Hollywood, comme scénariste d'"alibi
french touch", pendant que sa femme ira dormir longtemps dans une
clinique avec un psy caricatural. La suite ? Ben lisez-le !...
J'ai bien aimé ce livre, ne serait-ce que parce que j'y ai appris pas mal de vocabulaire (ce qui tranchait justement avec ma précédente lecture, achevée le même jour que j'ai commencée celle-ci). L'histoire de ce lâche vieillissant qui s'auto-flatte de tolérance là où je n'ai vu que de l'indifférence mal assumée et bouffie d'ennui, et aimerait bien éblouir et donner l'illusion de la confiance en soi, est assez pathétique pour être attachant (même si bon, dans la vraie vie, ce genre de personnage m'emmerde royalement !). J'ai eu du mal à discerner si l'auteur prenait position d'une façon ou d'une autre en décrivant son personnage, autrement que par l'observation simple et sans complaisance de la lâcheté ordinaire, et de la façon dont la vie sait parfois remettre les choses en ordre, sans idée de mérite ou de justice, avec ou sans notre préméditation.
un livre sympathique écrit par un fan de dictionnaire et d'expressions précises et/ou désuètes (ce qui est en soi un plaisir), mais pas indispensable dans son propos.
10 janvier 2010
Un brillant Avenir, de Catherine Cusset
D
eux
femmes qui mènent leur famille, deux hommes un peu effacés, deux
époques de narration, deux sensibilités, et plusieurs cultures
imbriquées ou face à face dans ce livre qui se lit vite, agréablement.
Nous suivons la vie d'Helen, alias Elena quand elle vivait encore en
Roumanie, son pays qu'elle a quitté à 38 ans, avec mari et enfant. On
lit, ensemble, se partageant les chapitres, l'histoire d'Helen
aujourd'hui, enfant, et entre les deux. Une vie ordinaire en partie
liée aux tensions politiques, aux rêves, à une volonté farouche d'y
arriver, et à un certain égoïsme voire égocentrisme. La deuxième femme
c'est Marie, la Française qui épouse le fils, contre l'avis d'Helen et
son mari. Marie est libre, un peu capricieuse, un peu sans gêne, un peu
égocentique aussi, et ne rend de comptes à personne. Elles vont
s'affronter puis s'apprivoiser, parce que la vie est ainsi...
J'ai beaucoup aimé ce livre, dont l'histoire est captivante comme les histoires de famille simples des petites gens qui ont vécu des choses extra-ordinaires. Le roman est remarquablement structuré, mais n'a qu'un défaut : la pauvreté et l'indélicatesse (voire imprécision) de son vocabulaire. Lire par exemple des dizaines de fois "belle-fille" alors qu'elle parle de sa bru, ça m'énerve, c'est une simplification de langage typiquement anglo-saxone, et j'ai horreur de ça, j'aime les écritures qui n'appauvrissent pas la langue par des approximations toujours plus grandes. Idem pour le pauvre vocabulaire des émotions, qui donne l'impression que les personnages manquent de subtilité émotionnelle, alors que c'est le vocabulaire qui en manque.
En conclusion, je dirais donc captivant mais limité.
28 décembre 2009
l'Elégance du Hérisson, de Muriel Barbery
R
enée
Michel est érudite, très érudite. Et concierge dans un immeuble très
chic rue de Grenelle à Paris. Et comme les deux ne lui semblent pas
très conciliables (on comprendra mieux pourquoi ensuite), elle cache
son érudition et sa passion de la chose intellectuelle, esthétique et
élégante comme on cache un vice.
Paloma Josse habite ce même immeuble rue de Grenelle, elle a 12 ans, un regard acéré et sans concession, une intelligence vive assortie d'une grande culture, et l'intransigeance entière de son âge.
Leurs deux voix vont nous raconter un bout de vie du 7 rue de Grenelle, de belles rencontres, envoûtantes et réelles ou risibles et dérisoires, jusqu'à un dénouement fatalement terrestre. On y croisera des thématiques intéressantes, accompagnées de réflexions plus ou moins développées, la lutte des classes, la politique, l'esthétisme, l'Art (beurk, qu'est-ce que je déteste y mettre une majuscule !), le partage, l'amour, la vie.
Au début, j'ai beaucoup dit "la barbe !",
l'étalage de culture et d'érudition empoulé de mots trop précis, trop
bien choisis, trop ostensiblement savants, m'a gonflée. La
démonstration qu'une concierge pouvait être intelligente et cultivée
était trop lourde, faisait trop "numéro de cirque", mais peut-être
était-ce parce que j'en était convaincue d'avance, que tout cet étalage
m'a semblé inutile... Puis doucement, je suis entrée dans le livre,
dans l'histoire, la vie qui vous emporte quelle que soit votre culture,
votre rang social, vos choix. L'humanité à nu. La vie.
Et finalement, ce livre fut très agréable, on a rapidement l'impression
de connaître cette femme dont la carapace se fissure sous nos yeux,
d'avoir croisé cette jeune fille qui pense détenir des vérités alors
qu'elle n'a pas encore eu le temps de les étalonner, d'aimer aussi cet
homme, ce nouvel habitant japonais dont l'arrivée dans l'immeuble
fascine et bouscule...
J'ai craint un temps que la fin ne soit mièvre, trop happy end, ou au
contraire dure, cynique. Mais cette fin qui peut sembler facile est la
seule qui puisse être en préservant tout : la magie, l'espoir,
l'avenir. La seule aussi qui pouvait préserver intacte l'étincelle si
brève née des rencontres neuves et inespérées... La seule aussi qui
nous remette les pieds sur terre et pointant d'un doigt ferme tout le
dérisoire de la vie, sous toutes ses facettes, même les plus érudites.
Un livre exaltant qui se lit avec délectation...
19 décembre 2009
Poisson d'amour, de Didier Van Cauwelaert
E
n voilà un livre atypique !
Une fois n'est pas coutume, je vous recopie partiellement la quatrième
de couverture, parce que pour une fois, je la trouve très juste, je ne
pourrais pas faire un résumé plus exact. Elle est rédigée par Didier
Van Cauwelaert lui-même :
En entrée, un videur de
concert rencontre une visiteuse de prison. Coup de foudre et pluie de
catastrophes. Une chaise à porteur envahit soudain la vie d'une
famille. Deux vieilles dames sont ensevelies sous les trophées
remportés par leur petite-fille basketteuse. Une centenaire s'embaume
en mangeant des glands, d'après une recette chinoise. Un professeur
Dreyfuss, né Himmler, achète le corps de ses patientes en viager.
Et puis, un sourd oublié dans un moulin sème
des pierres, un ancien maire se barricade dans le bureau de son
successeur, un cheval passe trois ans de guerre caché dans un grenier.
Mais le personnage central, bien qu'il soit conservé dans du formol,
est un poisson. C'est à cause de lui que Béatrice, la visiteuse, et
Philippe, le videur, se retrouveront dans la forêt amazonienne, au
milieu des Indiens, des chercheurs d'uranium, et d'une équipe de
tournage suidée par un missionnaire suisse.
Bref : c'est une histoire d'amour. Et donc, me
dira-t-on, elle finit mal. Pas forcément. C'est peut-être même là
qu'elle commence.
Résumé presque parfait.
Ce livre commence comme une longue et délicieuse galerie de portraits
de personnages excentriques qu'on trouve pourtant presque normaux (et vers la fin, on savoure pleinement l'adjectif "fou" apposé sur ce qui semble, après tout ça, d'une rassurante banalité). Puis vient une aventure digne d'Indiana Jones, vue par le petit bout de la lorgnette de Philippe (en partie au travers du philtre du palu !).
L'histoire est décalée, très drôle, grave, légère et philosophique...
Il y a des promesses de Tom Sharpe dans ce bouquin, ça m'a d'autant
plus surprise que ma première lecture de Didier Van Cauwelaert avait
été L'Evangile de Jimmy, au style et au propos radicalement différents, livre plus sérieux, plus "américanisé", plus lisse aussi.
Poisson d'amour n'était que le deuxième livre de son auteur, et il y a dedans une excentricité flegmatique presque britannique et une originalité échevelée. La fougue de la jeunesse ?
07 décembre 2009
Passeurs de nuit, de Frédéric Pons
D
ébut du XXème siècle, à Gavarnie, dans les Pyrénées. Les ostau (familles),
le droit d'aînesse absolu, les gendres, les enfants... et la montagne.
Ou la vie, c'est un peu la même chose. Pendant une trentaine d'années,
nous allons suivre un peu le village, ses naissances et ses décès,
l'instituteur socialiste qui deviendra pétainiste par pacifisme, le
curé plus militant humaniste qu'il ne le croit lui-même sous ses dehors
"bien coulé dans le moule", les aînés et aînées, les cadets et
cadettes, les enfants légitimes ou pas, les jeux, les mariages, et puis
les passeurs. Ceux qui, par tradition, humanisme, nécessité ou
altruisme, font passer ceux qui s'enfuient, fugitifs individuels ou
politiques, les Espagnols sous Franco, les Français sous Vichy, sans
poser de questions ; ou promènent les pyrénéistes d'avant le tourisme
de masse. Les histoires de la montagne, les héros invisibles, les
fanfarons, les légendes. Et puis le progrès qui arrive, le monde et la
vie qui changent...
Un livre très agréable à lire, simple et sans prétention (quoiqu'un peu fouillis parfois, comme bâclé sur certains points...), et bien difficile à retranscrire. L'impression générale qui s'en dégage est lente, solide, sensible, avant tout vivante. J'ai mis une trentaine de pages à réussir à entendre ce que je lisais, tellement le sujet m'est étranger. Puis je suis finalement entrée dedans avec un certain plaisir, et je l'ai savouré à petits pas, pour presque sentir les années s'égrener. L'esprit du village inexorablement rattrapé par le modernisme, les idées nouvelles de vacances, de loisirs, de tourisme, de "progrès social", qui diluent inévitablement la morale et les racines, les traditions et une certaine liberté locale, tout ce qui faisait qu'on était d'ici ou pas... Moi qui ne suis pas très nostalgique, ce livre m'a plongée dans des abimes de réflexion sur le "c'était mieux avant" et l'angle sous lequel cette remarque toucherait à toute sa justesse. La façon aussi dont notre drôle de monde a dilué tout bon sens le plus élémentaire, avec un despotisme absolu sidérant. Et pourtant tellement, profondément humain. Et c'est ça que fait passer ce livre, très humain, justement.
21 novembre 2009
Une Année de neige, de Christian Signol
D
epuis
qu'il sait qu'il a une leucémie, Sébastien, 10 ans, ne veut plus qu'une
chose : fuir la ville, la région parisienne, la tristesse de sa mère,
l'absence de son père, et filer retrouver Auguste et Cyprienne, ses
grands-parents qu'il n'a pas vus depuis 5 ans, là-bas dans la montagne,
là où il sait, où il sent qu'il pourra guérir, qu'il trouvera
la force, l'énergie, l'espoir... Il va y aller... Et trouver bien plus
que ça, pour cette année entre parenthèses, cette année déterminante,
primordiale de sa jeune vie.
Contrairement à ce que pouvait faire craindre le thème, aucun pathos dans ce roman. Sébastien est malade, parfois très malade, mais la sobriété factuelle du récit (y compris celui de certaines émotions) qui ne s'appesantit jamais en fait un tremplin d'espoir, un fait parmi les autres, important mais pas essentiel, l'objet du roman est ailleurs. Dans ces retrouvailles avec l'être et la vraie vie. Dans le portrait de ces vieux montagnards généreux et un peu bourrus parfois.
Globalement un roman très fluide, agréable à lire. Il idéalise un peu trop à mon goût la vie à l'ancienne dans les campagnes, mais sans plus, car il n'occulte pas les parties pas reluisantes (comme le gavage des oies), sans pour autant les porter aux nues. Ca reste factuel, un constat. Pile ce dont j'ai besoin en ce moment. Rien qui fasse des analyses alambiquées pour démontrer que la cerise à un noyau. Ouf !
Bref : un livre simple et sans prétention, une belle histoire bouffée d'espoir, pour un bon moment !
